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Bonne année 2020 Arthro-Bota

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Chères lectrices, chers lecteurs d'ARTHROPOMANIA BOTANICA,

A l'instant précis où je trouve enfin un créneau temporel pour m'adresser à vous, je ne peux que constater avec une certaine affliction qu'entre les voeux 2019 et ceux d'aujourd'hui, je n'ai rien édité sur ce blog... En effet, pas le moindre nouvel article publié dans ces pages ! Une honte ! Un scandale ! ! !

Pourtant, chaque année nouvelle m'invite à de grandes résolutions car ARTHROPOMANIA BOTANICA est un lieu d'écriture et de transmission de connaissances  qui m'est cher ! Malheureusement, 2019 n'a pas échappé à son lot de tâches municipales par lesquelles je me suis, une fois de plus, laissé dévorer et qui, par ailleurs, ont mobilisé toute mon énergie... Aussi, je dois bien l'admettre, ce trop-plein d'activités m'a fait oublier mes engagements vis-à-vis de vous : c'est, j'en conviens, fortement regrettable !

Voyez, c'est encore avec quelques jours de retard que je vous transmets mes voeux... Je vous présente donc conjointement mes plus sincères excuses concernant l'irrégularité - voire l'absence - de mes publications dont j'assume l'entière responsabilité. Si nouvel an rime effectivement avec bonnes résolutions, espérons que tout au long de cette année bissextile 2020, le grand écrivain moraliste François de La Rochefoucauld, célèbre pour ses Maximes, voudra bien me glisser chaque jour à l'oreille celle-ci : "Il faut tenir à une résolution parce qu'elle est bonne et non parce qu'on l'a prise ! " Qui lira verra...

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Le sort des animaux d'Australie est terrible ! 

koala prisonnier des flammes - Comp

Cliquer sur l'image pour l'agrandir !

Si j'ai choisi un gif animé de " Bonne Année " en lettres de feu, c'est que je voudrais revenir en ces premiers jours de février sur les incendies qui ont ravagé l'Australie depuis septembre 2019 jusqu'à janvier 2020 et qui ont entraîné la mort de 10.000 koalas. Ces derniers, également dénommés Paresseux australiens, constituent une espèce endémique* de marsupiaux arboricoles herbivores (*se dit d'une espèce vivante propre à un territoire bien délimité, en l'occurrence ici un pays) et sont les seuls représentants encore vivants de la famille des Phascolarctidés.

Ces sympathiques et emblématiques animaux paient un lourd tribut à cette catastrophe naturelle. Avant les incendies, au niveau national, on comptait près de 28.000 koalas (Phascolarctos cinereus). Les premières estimations évoquent la disparition d'environ 30% de leur population. Des chiffres qui ne sont, hélas, que provisoires... 

Fort heureusement, une ONG de protection animale, dotée d'un statut consultatif spécial auprès du Conseil économique et social des Nations Unies (ONU), a déployé sur le terrain une équipe de récupération des koalas encore vivants. Cette Organisation Non Gouvernementale au rayonnement mondial se nomme IFAW (pour International Fund for Animal Welfare), en français " le Fonds international pour la protection des animaux ". Les campagnes planétaires d'IFAW sont centrées sur la fourniture d'aide d'urgence aux animaux en détresse, la protection des baleines, des éléphants ainsi que la lutte contre le braconnage et le trafic d'animaux...

Chasseur sauvant un koala     Cycliste - le beau geste

De beaux gestes emplis d'humanité et de compassion ...

Bear, le chien de détection des koalas d’IFAW, un croisement de border collie-Kollie, a joué et joue encore un rôle fondamental dans les opérations de recherche et de sauvetage en localisant les koalas blessés (souvent gravement brûlés) ou orphelins, assoiffés et affamés, victimes des feux de brousse. Entraîné par l’équipe Detection Dogs for Conservation de l’Université de la Sunshine Coast, Bear est l’un des rares chiens de détection capable de localiser les koalas vivants grâce à l’odeur de leur fourrure. Bear et son maître-chien ont donc été envoyés dans le sud-est du Queensland et dans certaines des zones les plus touchées de Nouvelle-Galles-du-Sud. Fidèle à sa réputation, il a signalé la présence de nombreux koalas désemparés dans  ces secteurs, permettant de les secourir en leur apportant l'aide humaine nécessaire...

BearBear - chien renifleur

Portant des " chaussures sur-mesure " et des chaussettes de protection pour couvrir ses pattes, Bear est déployé dans des zones sûres où les koalas peuvent être bloqués. Quand il en repère un, son signal est de s'allonger très immobile sous l'arbre et d'attendre d'être récompensé.

Voici une anecdote savoureuse concernant ce précieux allié à quatre pattes, exécutant un travail exceptionnel. Bear était à l'origine un animal de compagnie, mais après avoir reçu un diagnostic de trouble obsessionnel compulsif (toc !), il a été envoyé en fourrière, selon le Brisbane Times. Bien que son état ait pu signifier qu'il n'était pas un animal domestique parfait, les personnels de l'Université Sunshine Coast et de l'IFAW, qui l'ont sauvé, ont su qu'il ferait un chien renifleur de détection idéal. Beau dénouement, non ?

Cependant, seuls 20% des koalas retrouvés ont survécu : l'avenir de l'espèce semble bien sombre ! Les vétérinaires de l'hôpital pour koalas de Port Macquarie (ville côtière de la Nouvelle-Galles-du-Sud située à environ 390 km au nord de Sydney) ont été parfois impuissants face aux individus extrêmement brûlés ou qui ont respiré beaucoup de fumées...

Ambulance pour koalasHôpital pour koalas

Des ambulances réservées à une espèce animale : du jamais-vu !

Koala - pattes plongées dans des bassinesVisage gravement brûlé

Petit koala en piteux état  ... en soins intensifs !

Koala brûlé aux pattesKoala sur sa branche

                                                                         ... en convalescence !

Dorénavant, les conditions de vie des koalas vont être très difficiles. Plus d'un tiers de leur habitat, les forêts d'eucalyptus, a brûlé. La nourriture et l'eau vont manquer. Et surtout, ils n'auront plus de lieu où se réfugier et éviter les prédateurs que sont, entre autres, les dingos (chiens sauvages). La terrible question qui se pose est celle-ci : où va-t-on relâcher les koalas survivants ? Sans doute seront-ils éparpillés et en petit nombre... Ils auront probablement des difficultés à se reproduire et par voie de conséquence à maintenir une diversité génétique. L'effet indésirable sur cette population déjà fragile est un fort risque de consanguinité...

Néanmoins, nous devons garder une lueur d'espoir au coeur de ce drame. En effet, le pouvoir de régénération des forêts australiennes est connu de longue date et l'eucalyptus, un pyrophyte actif, s'est depuis longtemps adapté pour survivre au feu en repoussant très vite (certaines plantes endémiques d'Australie dites pyrophites ou pyrophiles ont une grande résistance au feu, voire s'en servent comme allié dans leur reproduction). « Plus il y a de feux, plus il y aura d’eucalyptus », avance David Phalen, professeur du département vétérinaire de l’université de Sydney et spécialiste de la biodiversité australienne.

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La superficie des territoires touchés par les incendies est moindre que lors de ceux de 1974-1975 qui avaient brûlé 117 000 000 d'hectares mais les dégâts sont bien plus importants en termes d’intensité de feu, de durée, de saisonnalité et d'écosystèmes  touchés. Des "mégafeux" (incendies fusionnant entre eux) ont été observés, faisant qualifier l’Anthropocène (époque de l'histoire de la Terre caractérisant l'ensemble des évènements géologiques qui se sont produits depuis que les activités humaines ont une incidence globale significative sur l'écosystème terrestre) de « Pyrocène ».

Anthropocène                  Pyrocène - Capitalocène

Toutes les images de cet article proviennent d'internet ~ Cliquer sur chaque cliché pour l'agrandir !

En janvier 2020, plus d'un milliard de grands vertébrés (mammifères, oiseaux et reptiles) ont péri, selon une estimation « très prudente » de Chris Dickman, chercheur en biologie de la conservation et écologie des mammifères australiens qui se base sur les chiffres de densités de populations de ces vertébrés (nombre d’individus par rapport à une surface). Ces totaux sous-estiment fortement la réalité, car basés sur des étendues de feux plus anciennes qui ne prennent pas en compte certaines espèces d'animaux...

Ce nombre ne concerne que les grands vertébrés sauvages (le taux d'animaux domestiques morts n'est pas précisé), espèces porte-drapeau pour les populations humaines locales. Les poissons, les amphibiens sont aussi affectés et des milliards d'insectes sont morts brûlés. Selon Philippe Grandcolas, directeur de recherche au CNRS, et Jean-Lou Justine, professeur de parasitologie, si l'on prend en compte toutes les espèces animales, notamment les arthropodes et les parasites, un million de milliards d'animaux  seraient morts dans les feux gigantesques en Australie depuis septembre...

De nombreuses images de koalas, la fourrure roussie par les flammes, d'opossums avec les pattes brûlées, de cadavres de kangourous calcinés, ont fait le tour du monde, devenant les symboles d'une nation et d'un environnement frappés de plein fouet par une crise notamment induite par le réchauffement climatique. D'ailleurs, des spécialistes estiment que ces mégafeux sont, hélas, avant-coureurs d'une situation qui pourrait devenir la norme faute de pouvoir agir sur le réchauffement climatique à court terme. Ces scientifiques préviennent que les conditions propices à des tels incendies vont perdurer à moins de se mobiliser rapidement pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. « Nous n'allons pas inverser le changement climatique à une échelle de temps concevable. Les conditions qui se déroulent actuellement ne disparaîtront donc pas », a déclaré le professeur Richard Betts du service national de météorologie britannique, qui a co-dirigé une étude examinant 57 articles scientifiques publiés depuis 2013 quant à l'impact du changement climatique sur les incendies...

Le déni du réchauffement climatique est très présent en Australie, plus encore qu'aux États-Unis (en 2015, 17% des Australiens, 15% des Norvégiens et 12% des Américains niaient encore la thèse d’un réchauffement climatique). Les climatosceptiques arguent que « les feux de brousse ont toujours existé », que "les incendies seraient surtout le fruit d'un mauvais entretien des espaces naturels et largement l'œuvre de pyromanes" (pyromanes = bobard colporté par les réseaux sociaux). Un article d’Alan Jones (ancien pilote australien de Formule 1) paru le 18 novembre 2019 dans le Daily Telegraph, relayé en ligne sur le site d’une association de pompiers volontaires (VFFA) affirme : « La gravité des feux n’a rien à voir avec le “changement climatique” mais avec de nouvelles règles “environnementales” qui ont rendu l’entretien du bush* impossible au nom de la biodiversité (*paysage rural peu habité dont la végétalisation est une sous-forme de type forêts, bois et broussailles méditerranéens). »

 

Ce qui me conduit à conclure en affirmant que

" la désinformation et les mensonges se propagent plus rapidement que les feux de brousse en Australie ! "

 Inachos